Des plaintes pour violences ont été déposées par deux des personnes mises en examen dans la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque en février à Lyon, a appris l'AFP auprès de l'avocat de l'un d'entre eux, confirmant une information de France Inter. Le dépôt des plaintes vise à pouvoir «se constituer partie civile et avoir accès aux éléments» de l'enquête, a indiqué Me Bertrand Sayn, avocat de Jacques-Elie Favrot, ancien assistant parlementaire LFI mis en examen pour complicité dans la mort de Quentin Deranque.
Selon France Inter, les plaintes accusent 15 militants d'ultradroite de «violences en réunion avec préméditation, armes et dissimulation du visage». Des affrontements entre militants d'ultradroite et d'ultragauche avaient précédé le lynchage du jeune homme, qui est décédé deux jours plus tard à l'hôpital.
Quentin Deranque, 23 ans, qui évoluait dans la galaxie des groupuscules de l'ultradroite lyonnaise, avait été violemment frappé au sol le 12 février par plusieurs personnes encagoulées, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, où il était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis.
Neuf mises en examen
Une information judiciaire, conduite par trois juges d'instruction, est ouverte pour «meurtre, participation à une association de malfaiteurs et violences aggravées», dans laquelle neuf personnes ont été mises en examen au total, dont Jacques-Elie Favrot. Une enquête préliminaire, menée par le parquet, est par ailleurs ouverte sur les violences commises par des militants le même jour, a précisé l'avocat.
«Le traitement décidé par le parquet de Lyon de ces violences en la forme d'une enquête préliminaire, plutôt que d'en saisir les juges d'instruction qui sont déjà saisis des violences ayant conduit au décès de M. Deranque, prive, d'abord les juges d'instruction et dans le même temps (...) l'ensemble des avocats qui interviennent pour les mis en cause, d'éléments tout à fait essentiels à l'exercice des droits de la défense», estime Me Sayn, évoquant notamment «l'exploitation de tous les téléphones».
Photos des affrontements
Il déplore une position dans laquelle la défense ne peut «exercer loyalement» ses droits. Des photos des affrontements ayant précédé le lynchage de Quentin Deranque ont été prises par des agents du renseignement territorial qui surveillaient les militants d'ultragauche attendus à la conférence de Rima Hassan.
Les policiers ont notamment photographié des militants du mouvement d'ultragauche, la Jeune Garde, en train de s'équiper de masques, cagoules et gants. Certaines photos avaient été publiées par BFMTV. Les clichés des agents ont permis d'identifier et d'arrêter des suspects.