La chronique de Jacqueline de Quattro
Le patriotisme est l’affaire de tous

A l’approche du 1er Août, la Suisse célèbre sa neutralité, un bouclier contre les conflits. Malgré les attaques extérieures, cette politique reste un outil de paix et d’indépendance, assure la conseillère nationale Jacqueline de Quattro.
Jacqueline de Quattro ne veut pas laisser le monopole de l'amour de la patrie à l'UDC.
Photo: Blick
Jacqueline de Quattro
Jacqueline de QuattroChroniqueuse Blick - Conseillère nationale PLR (VD)

L’Union démocratique du centre (UDC) n’a pas le monopole du patriotisme. Ni celui de l’amour de la patrie. Elle n’est pas la seule à vouloir sauvegarder et défendre notre souveraineté. A exiger une défense forte, efficace, capable de protéger la population.

Nous aspirons tous à une politique qui garantisse notre indépendance, notre liberté et notre prospérité. Qui ne désire pas un avenir aux couleurs de la paix. Qui n’a pas le cœur qui s’enflamme pour le drapeau à croix blanche. On l’a encore vu à la Coupe du monde de football avec la Nati. Un enthousiasme contagieux.

Le monde est devenu moins sûr depuis la guerre en Ukraine et l'embrasement au Proche-Orient. En Europe, on redoute les projets expansionnistes de Vladimir Poutine. Le maître du Kremlin est en guerre ouverte contre les démocraties occidentales. Ce n’est pas la paix qui l’intéresse mais de ramener la région à la situation d’il y a un siècle. Un contexte dangereux dans lequel la Suisse doit trouver sa place.

Notre neutralité pour assurer la paix

Comment dans ce nouvel ordre mondial où les règles de droit et la démocratie sont bafouées, allons-nous nous préserver des influences extérieures? Nous avons un instrument parfaitement adapté aux temps de crise. Un instrument qui a fait ses preuves: notre neutralité. Elle protège notre pays de la guerre et de la misère depuis 200 ans. Elle lui permet également de jouer un rôle important sur la scène internationale, en particulier dans le domaine des bons offices.

Notre neutralité est un moyen pour assurer la paix. Elle privilégie le dialogue plutôt que l’importation de conflits extérieurs. Elle inspire le respect et la confiance, comme le démontre l’élection à l’unanimité de la Suisse à la présidence de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour 2026.

Une crédibilité que certains cherchent à entacher. L’ambassade russe à Berne a critiqué notre neutralité. La Suisse ne serait plus ni démocratique ni neutre. Cette ingérence de Moscou est une nouvelle manœuvre de désinformation qui veut fragiliser nos institutions. Le Service de renseignement de la Confédération estime, que les actions d’influence, d’espionnage et de cyberattaques de la Russie, représente une menace sérieuse pour notre pays.

Pas un dogme inflexible

Malgré ses attaques, notre neutralité n’a pas besoin d’être réhabilitée ni adaptée. Elle ne nuit pas à la Genève internationale. Il n’est donc pas nécessaire que la neutralité soit qualifiée dans la Constitution de «perpétuelle et armée» et que notre pays n’adhère à aucune alliance militaire ou de défense.

Les pères fondateurs n’ont pas voulu que la neutralité soit un dogme inflexible. Ils savaient pourquoi: ils ont choisi un outil qui permet à notre pays de s’adapter aux réalités politiques et stratégiques. Durant la Seconde guerre mondiale, le général Guisan a conclu des accords avec la France pour protéger la population en cas d’attaque de la Wehrmacht. Notre neutralité l’autorise.

Un corset rigide empêcherait le Conseil fédéral de réagir aux violations graves du droit international. Impossible par exemple d’aider l’Ukraine en s’associant aux sanctions contre le régime du Kremlin. Or la Suisse ne veut pas soutenir les despotes étrangers: son rôle est d’être du côté de la paix, du droit et de la démocratie.

Croire dans nos valeurs et nos institutions

La flexibilité est donc un élément majeur du droit de la neutralité. Qui dit flexibilité, dit collaboration. Si notre pays est attaqué, il ne pourra pas se défendre tout seul. D’où la nécessité de travailler avec nos voisins. Ils ne sont pas nos ennemis mais des alliés stratégiques. Nous ne voulons pas adhérer à l’Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN). Mais nous pouvons définir la nature du partenariat que nous souhaitons.

En cette veille du 1er Août, nous devons plus que jamais croire dans nos valeurs et nos institutions. Réaffirmer leurs qualités et leurs capacités. Elles ont non seulement fait la force de la Suisse mais elles sont aussi le ciment de la cohésion nationale. Le patriotisme est bien l’affaire de tous.

Retrouvons l’audace qui a animé les Confédérés de 1291 et le courage qui a guidé le général Guisan. Regardons plus loin que nos montagnes. Surmontons la peur de l’autre. Et parions sur un avenir qui assure notre indépendance, notre sécurité et notre succès.

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