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Votations du 14 juin
L'initiative de l'UDC sur l'immigration rejetée

L'initiative «Pas de Suisse à 10 millions» portée par l'UDC a été rejetée par 54.8% des voix ce dimanche, selon des résultats définitifs. Le texte proposait de plafonner la population suisse à dix millions en limitant l'immigration.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

Peuple et cantons ont rejeté dimanche l'initiative de l'UDC «Pas de Suisse à 10 millions». Le non s'élève à 54,79% du côté de la population, selon des résultats définitifs. Le projet voulait plafonner la population en Suisse à dix millions d'ici 2050.

Le non est unanime dans les cantons romands. Neuchâtel refuse à 67,2%. Viennent ensuite Genève (65,4%) et le canton de Vaud (64,4%). Jura dit non à 59,9%, Fribourg à 54,8% et le Valais à 52,7%.

En Suisse alémanique, la tendance est plutôt au oui, surtout en Suisse centrale. Schwyz et Appenzell Rhodes-Intérieures donnent un grand oui à 63,1% et 65,9%. Uri, Glaris et Nidwald acceptent aussi clairement l'initiative, à 59,9% et 58,6% et 58,3%. Saint-Gall à 53,7%.

Le oui d'Argovie, de Schaffhouse et de Soleure est plus timide. Il dépasse à peine 50%. Le Tessin dit également oui du bout des lèvres, à 50,6%.

Clivage ville-campagne

Berne dit en revanche non à 55,4%. Zoug, canton fortement lié à l'immigration, a aussi refusé à 52,4%, tout comme les Grisons, à 51,4%. Ils sont suivis par Lucerne qui a rejeté le texte à 50,9%. Les deux Bâle ont aussi clairement dit non, Bâle-Ville à 73,4%.

Les résultats définitifs de Zurich ont été les derniers à tomber. Le canton est passé du côté du non, avec une nette majorité de 60,03%, après des résultats dans un premier temps plutôt pour. On observe un réel clivage entre les villes et les campagnes. Les villes ont majoritairement refusé l'initiative, même dans les cantons où le oui a été le plus fort. La ville de Saint-Gall par exemple a refusé le texte à 68%.

L'influence de la croissance démographique ne semble toutefois ne pas avoir joué un rôle déterminant. Une observation de Keystone-ATS montre qu'aucun lien direct ne peut être établi entre la croissance démographique dans les différentes communes et les votes.

Des réactions forcément contrastées

Pour le président de l'UDC Suisse, Marcel Dettling, cette défaite est le fruit d'un large fossé entre la ville et la campagne. «La campagne a très clairement dit oui, mais les villes ont fait pencher la balance», a-t-il déclaré dimanche midi sur la radio alémanique SRF. «La Suisse n’a rien à célébrer aujourd’hui», a-t-il déploré. 

Du côté des opposants au texte, le soulagement était de mise. Le PS a notamment salué une «victoire pour une Suisse solidaire et ouverte» et un «signal positif» en vue du débat sur les Bilaérales III, tandis que le PLR a estimé, par la voix de son coprésident Benjamin Mühlemann avoir «réussi à montrer que cette initiative serait extrêmement dangereuse». 

Du côté de Strasbourg, plusieurs eurodéputés ont salué un «signal fort» en faveur des relations bilatérales entre la Suisse et l'Union européenne

Soulagement pour le gouvernement

L'initiative populaire «Pas de Suisse à 10 millions! (initiative pour la durabilité)» visait à limiter le nombre de résidents en Suisse à dix millions d'ici 2050. La population s'élève actuellement à environ 9 millions.

Le Conseil fédéral et le Parlement auraient dû prendre des mesures dès que la population dépassait les 9,5 millions. L'UDC voulait agir en priorité sur l'immigration. Si ces mesures ne suffisaient pas, Berne aurait dû résilier des traités internationaux, dont celui sur la libre circulation conclu avec l'UE.

Le gouvernement, soutenu par le Parlement et pratiquement tout l'échiquier politique, avait prévenu des conséquences sur les relations diplomatiques avec l'Union européenne. Les opposants craignaient aussi de graves conséquences sur les services de soins, déjà frappés par une pénurie.

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