En Suisse romande, les festivités du 1er Août se feront principalement sans feux de joie et d’artifices. La canicule est de retour dès ce mercredi 29 juillet. Les températures pourraient grimper jusqu'à 38 °C par endroits, alors même que la situation de sécheresse reste très tendue. Le danger d’incendie est de 4 sur 5 (fort) partout en Suisse romande, et même de 5 sur 5 (très fort) à Genève et dans la plupart des districts valaisans.
Partout, les autorités appellent la population à la prudence et à signaler tout départ de feu. Pour la fête nationale, il faut s’attendre à ce que seuls certains feux d’artifice organisés par des instances officielles aient lieu, et uniquement sur les grands lacs. Passons en revue les mesures prises dans les cantons romands.
Valais
En Valais, le danger d’incendie demeure «extrêmement critique» et des températures caniculaires sont annoncées autour de la Fête nationale. L’interdiction générale d’allumer du feu en plein air, prononcée le 25 juin dernier, reste en vigueur sur l’ensemble du territoire cantonal. Cela comprend les feux d'artifice. Seule la commune du Bouveret, attenante au Léman, a obtenu une dérogation pour tirer des feux depuis le lac, relève Rhône FM.
Ce lundi 27 juillet, le Conseil d’Etat a interdit «la vente de tous les types de feux d’artifice, sans exception, dans l’ensemble des commerces du canton». Des pétards et autres volcans pouvaient encore être vendus, étant donné qu’aucune autorisation n’était nécessaire pour en faire le commerce et quand bien même leur utilisation était interdite.
L’interdiction en cours concerne «tous les feux à flamme ouverte ou n’importe quel acte qui puisse causer un début d’incendie». Et ce, «indépendamment du lieu et de leur justification (grillades, feux commémoratifs…)». Seuls les barbecues dans des équipements adaptés restent tolérés, mais avec une vigilance extrême: disposer d’un moyen d’extinction efficace, le faire sur un support incombustible et à une distance sûre de la végétation et des zones boisées.
Vaud
Dans tout le canton de Vaud, depuis le 9 juillet dernier, il est interdit d’allumer des feux en plein air et d’utiliser des engins pyrotechniques. De même, l’utilisation de barbecues et de grils au charbon ou à bois est interdite dans l’espace public. «Seuls les emplacements fixes autorisés par les communes restent utilisables, sous réserve du respect de mesures de sécurité strictes», communiquent les autorités.
Pour ce qui est des feux d’artifice organisés par les communes, plusieurs ont annoncé y renoncer. C’est par exemple le cas d’Orbe, indique «24 heures». Mais des spectacles sont toujours prévus dans la soirée du 1er Août à Lausanne, Montreux, Yverdon, Vevey, Morges, Rolle ou encore Avenches et d’autres. Pour la plupart, ces feux d’artifice sont prévus pour être tirés depuis un lac.
Tout dépend du niveau de risque incendie. S’il reste, comme ce mardi 28 juillet, à 4 sur 5, les feux d’artifice lancés par des artificiers en possession d’un permis professionnel et tirés «depuis les lacs et au-dessus de la limite de végétation» pourraient avoir lieu. Pareil pour les feux de joie organisés par des communes ou des privés ayant reçu une autorisation communale.
Mais si le risque d’incendie passe au niveau supérieur, alors l’interdiction serait totale, «y compris pour les professionnels». Une nouvelle évaluation de la situation est prévue ce mardi.
Genève
Malgré le «très fort» danger d’incendie de forêt, Genève n’a pas encore édicté de décisions concernant les feux du 1er Août et l’utilisation d’engins pyrotechniques. Mais un arrêté du Conseil d’Etat à ce sujet est en préparation et devrait être publié ces prochains jours.
En l’état, seule une interdiction de tous les feux en forêt est en vigueur. Mais selon ce qui se dit, une interdiction des feux et des engins pyrotechniques pour les privés devrait bien tomber. Si on suit ce qui se fait dans les autres cantons, seuls les feux d’artifice officiels, réalisés sur ou au bord du Léman, pourraient être autorisés.
Fribourg
A Fribourg, c’est «interdiction générale de faire du feu et de tirer des feux d’artifice» depuis le 27 juillet. Si vous ne pouvez pas vous passer d’admirer des feux d’artifice, une seule exception vous le permettra. «Seuls les feux d’artifice officiels tirés depuis les lacs de Morat et Neuchâtel pourront avoir lieu.» Seuls des professionnels, avec l’autorisation des communes, pourraient en être responsables.
Le Conseil d’Etat fribourgeois a pris cette décision avec effet immédiat, sur proposition de l’État-major cantonal de protection de la population (EMCP). Objectif de ces mesures? «Protéger la population et à prévenir les incendies de forêt et de végétation». Celles et ceux qui ne respecteraient pas cette interdiction «s’exposent à des amendes ainsi qu’à des poursuites pénales».
L’interdiction «concerne également les festivités officielles de la Fête nationale», clarifient les autorités. Il est précisé que cela implique «toute utilisation de feux d’artifice, y compris les fusées, pétards, volcans, allumettes bengales ainsi que tout autre article pyrotechnique», mais aussi le lâcher de lanternes célestes, les défilés avec des lanternes et les «spectacles de rue avec des feux à l’air libre».
Evidemment, cela s’étend aux grands feux de 1er Août et à tout feu en plein air. Le Conseil d’Etat a par ailleurs suspendu jusqu’à nouvel avis «les autorisations délivrées aux commerces pour la vente temporaire d’engins pyrotechniques de divertissement de catégories F2 et F3». Les grillades restent autorisées, mais sous quelques conditions et en faisant preuve «d’une extrême prudence»: sur des installations appropriées (barbecue à gaz ou charbon, cheminée ou braséro), à une distance minimale de 50 mètres de la forêt. Et en cas de vent, «il convient d’y renoncer».
Neuchâtel
«Un simple mégot, une étincelle ou une flamme peut suffire à provoquer un incendie susceptible de se propager rapidement dans les conditions actuelles», ont rappelé les autorités neuchâteloises le 24 juillet. Dans le canton, toute utilisation d’engins pyrotechniques est interdite.
La liste des interdictions est la suivante: artifices, feux patriotiques, feux d’artifice, pétards, fusées, chandelles romaines, batteries d’artifices, fontaines pyrotechniques (vésuves), fumigènes, cierges magiques, lanternes volantes, lampions ainsi que tout autre engin pyrotechnique ou dispositif similaire produisant des effets de combustion.
«A titre exceptionnel», seuls les feux d’artifice officiels communaux des 31 juillet et 1er août demeurent autorisés, «à condition qu’ils soient tirés depuis un lac» par des artificiers autorisés et sous la surveillance des pompiers.
Jusqu’à nouvel avis, les feux en plein air sont strictement interdits, à moins qu’ils se fassent sur des installations hors-sol, à 200 mètres de toute forêt et «sur les emplacements bétonnés prévus à cet effet». Les autorités «recommandent avec insistance de renoncer totalement aux grillades lorsque les conditions sont venteuses».
Jura
Le 22 juillet dernier, le Canton du Jura a prononcé «l’interdiction d’allumer du feu en plein air sur l’ensemble du territoire cantonal, ainsi que l’interdiction des feux d’artifice et engins pyrotechniques lors des festivités du 1er août». Barbecues et grils à charbon ou à bois sont également interdits, sauf «dans l’espace bâti». C’est-à-dire sur les terrasses et les balcons, sous surveillance constante, à distance suffisante de toute végétation ou matière inflammable, avec des moyens d’extinction à portée de main et en laissant refroidir les cendres au moins 48 heures après utilisation, avant évacuation.
Seules exceptions admises pour la fête nationale? Les manifestations publiques officielles ou expressément autorisées par les autorités communales. «Ces feux ne peuvent être allumés qu’à l’emplacement prévu pour la manifestation, à condition qu’un dispositif de sécurité approprié soit mis en place, que le foyer soit situé à une distance suffisante des bâtiments, forêts, cultures, haies et broussailles, et que la manifestation ne compromette pas la capacité opérationnelle des services d’intervention», précisent les autorités jurassiennes.
De la même manière, les communes peuvent «autoriser, sous leur propre responsabilité, l’utilisation d’engins pyrotechniques dans des zones préalablement délimitées et sécurisées, situées à plus de 100 mètres de la forêt et placées sous la surveillance des sapeurs-pompiers». Sur ces zones, vous pourrez peut-être allumer un volcan ou une allumette bengale, mais pas de fusées d’abeilles, de mortiers et d’autres engins qui retombent à distance.